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Compte-rendu de la conférence de Danièle Auserve

Présentée au public par Jean-Paul Lecocq, président de l'Alliance française de Clermont-Ferrand, Danièle Auserve, professeur émérite de l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, fut qualifiée de papyrologue. La papyrologie (1) est selon Jean-Paul Lecocq, "une spécialité pointue vivante de l'histoire de cette Egypte qui a toujours fasciné le monde".

Les textes sur papyrus, écrits en hiéroglyphes ou en langue vulgaire, apparaissent dès 1400 avant JC en Egypte. Ceux présentés au cours de cette conférence concernent les papyrus écrits après la conquête d'Alexandre et pendant la période de domination romaine.

 

Danièle Auserve pendant son intervention. A droite une reproduction d'un papyrus privé ancien.

Les archéologues les trouvent dans les tombes, les sarcophages (pour caler les momies, les anciens utilisaient les papyrus comme nous utilisons de vieux journaux), dans les déserts, dans les maisons en ruines, dans les dépotoirs, c'est à dire dans des endroits où ils étaient à l'abri de leurs ennemis que sont: l'humidité, l'exposition à l'air, les souris et les jardiniers modernes qui l'utilisent comme engrais.

Actuellement les archéologues s'activent pour retrouver les papyrus inconnus entre le Caire et Alexandrie. Car l'extension des villes, gagnant sur le désert, est source de destruction de nombreux papyrus anciens.

Quand Alexandre conquiert l'Egypte aux Perses et fonde Alexandrie, viennent s'y installer à sa suite toutes sortes de populations: des Grecs, des Syriens, des Juifs, plus tard des Romains, attirés par la richesse des terres et les possibilités de développement économique et intellectuel. S'installent alors des cadets de famille sans terre, des renégats, des esclaves affranchis qui se mêlent aux autochtones. La langue la plus employée est le grec (qui est l'anglais de l'Antiquité) mais ce grec est souvent un "baragouin".

Dans ces papyrus figurent des poèmes, des pièces de théâtre, des documents administratifs: conditions de commerce, impôts... et des papyrus privés, grâce auxquels on peut reconstituer la vie des gens du peuple: contrats de mariage, de divorce, testaments, contrats d'emprunts, de nourrices, de troupeaux à un berger, actes de ventes, relevés bancaires, expertises médicales, réclamations au percepteur, conditions de logements des soldats, peines pour agression, requêtes, dépositions de témoins, dénonciations pour fraudes et irrégularités, plaintes pour enlèvement d'enfant...

Ces documents sont écrits souvent dans un grec incorrect, avec des fautes d'orthographe très nombreuses; parfois les gens font appel à un écrivain public ou à un voisin plus lettré. Tout cela rend ces écrits très vivants très savoureux.

Ce fut un des plaisirs de cette soirée que d'écouter Danièle Auserve lire aux auditeurs un assortiment de ces écrits témoignant des soucis de "l'homme (ou de la femme) de la rue" de ce temps-là. En conclusion, Jean-Paul Lecocq trouvait que ces papyrus prouvaient "la modernité de cette époque". Idée à laquelle Danièle Auserve répondait philosophiquement par: "l'humanité est toujours l'humanité".

(1) "La papyrologie est la branche des études classiques qui déchiffre les documents grecs et latins provenant de divers sites de l'Égypte et surtout en exploite les données."

Pour en savoir plus, on peut consulter la page de Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Papyrologie